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Rencontre et lectures avec Pauline Chanu et Séverine

date : mardi 27/01/26
horaires : 19h > 21h
lieu : La Régulière

Rencontre et lectures avec Pauline Chanu et Séverine

MARDI 27 JANVIER à 19h : Rencontre et lectures croisées avec Pauline Chanu et Séverine autour de leurs ouvrages « Sortir de la maison hantée » (éd. La Découverte) et « Décharges (éd. Lanskine).

 

SORTIR DE LA MAISON HANTÉE de Pauline Chanu

L’hystérie n’est-elle qu’une fiction du passé ? On l’associe généralement à un diagnostic obsolète, né de l’esprit d’hommes de la fin du XIXe siècle et resté figé dans les mémoires par les photographies de femmes en train de faire l’arc de cercle, pieds et mains au sol, les yeux révulsés. Supprimée des classifications psychiatriques, l’hystérie est supposée avoir aussi disparu du vocabulaire juridique. Le terme peut même nous faire sourire tant son caractère misogyne relève aujourd’hui de l’évidence.
Et pourtant, l’hystérie continue de nous hanter. Elle est toujours présente dans les cabinets des médecins, les couloirs des hôpitaux psychiatriques, au sein des cours de justice, des commissariats de police, dans nos familles et nos imaginaires. Si ce signifiant flottant se terre parfois sous d’autres noms, il s’agit toujours de faire des femmes des folles pour cacher les violences dont elles sont réellement victimes.
Car l’hystérie ne tombe pas du ciel : pour qu’il y ait  » hystérisation « , il faut d’abord des  » hystériseurs « .
À partir de rencontres avec des femmes psychiatrisées, d’affaires contemporaines, d’entretiens avec des historien.nes, des avocat.es, des médecins, d’archives d’hôpitaux, de témoignages laissés par des autrices internées, Pauline Chanu exhume la voix des femmes enfouies sous les diagnostics et nous invite à laisser parler les fantômes. Celles-ci nous montrent la porte de sortie de la maison hantée.

 

DÉCHARGE de Séverine (éd. Lanskine)

Décharge est un livre de poésie écrit dans l’urgence du retour de la mémoire traumatique. Dans ce texte, l’autrice (poétesse reconnue délestée pour une fois de son patronyme), donne forme à l’informe : le père incestueux, la mère défaillante, le frère violent, l’hécatombe invisible de l’enfance, la dépossession du corps sous emprise familiale et patriarcale, l’opacité d’une expérience restée longtemps indicible.

Ce livre n’est pas un témoignage. C’est une tentative de cartographie du chaos, une descente dans la mémoire-cellule, la mémoire-peau, la mémoire-suture qui fait advenir en poème ce qui ne pouvait être dit autrement.

Un texte radicalement politique, mais aussi profondément incarné, vital, que Séverine adresse à toutes celles et ceux qui ont connu la dépossession, et à celles et ceux qui veulent comprendre ce que l’on ne dit pas – ou ce que l’on tait trop bien.